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SPRINGER, Anton (1825-1891)

Historien de l'art

Lorsqu'il est nommé à Strasbourg Anton Springer (né à Prague en 1825 et mort à Leipzig en 1891) a déjà une renommée bien établie. D'origine autrichienne et catholique, il avait commencé ses études de philosophie et d'histoire de l'Art dans sa ville natale. Quelques années plus tard, on le retrouve à Tübingen, où il soutient, en 1848, une thèse sur la conception de l'histoire chez Hegel. Il s'agit d'une critique violente de l'approche spéculative de l'Art par le philosophe qui laisse présager l'empirisme des travaux futurs de son auteur. Après des voyages en France et en Italie et une période d'activité comme journaliste politique, il se convertit au protestantisme et prend la nationalité allemande. C'est alors, en 1852, qu'il obtient une nomination à Bonn comme historien de l'art en qualité de Privatdozent, ce qu'il restera pendant 20 ans.

Malgré une audience considérable - ses salles de cours étaient toujours combles - et des publications importantes, on lui refusait le titre de professeur. Dès lors, on comprend qu'il ait accepté avec joie le poste de Strasbourg qui lui apportait non seulement un Ordinariat, mais aussi la satisfaction de créer un institut fondé sur les exigences les plus modernes en disposant d'un budget quasi illimité. Les débuts étaient cependant modestes : tandis que s'élaboraient des projets pour un Kollegiengebäude, les historiens d'art devaient camper tant bien que mal dans les annexes du palais de Rohan du côté de l'est. Dès le premier semestre la bibliothèque acquérait un grand nombre de volumes ainsi qu'une riche collection de reproductions et de photographies provenant, pour la plupart, de Braun à Dornach. L'achat de reproductions de dessins d'artistes s'inscrit comme une suite logique de la méthode analytique de Springer.

Pour son premier cours, Anton Springer avait choisi un thème très “burckhardtien” : dans les 4 heures du cours principal, il traitait de l'histoire de la culture de la Renaissance auquel s'ajoutait, selon la tradition universitaire allemande, une heure complémentaire consacrée à l'art moderne, surtout français, depuis la Révolution. Au second semestre, le cours principal portait sur l'art allemand et le cours secondaire sur Raphaël.

Malgré toutes les facilités qui lui étaient accordées pour créer un institut modèle, Anton Springer devait accepter, dès l'été 1873, une chaire à Leipzig, à cause des mauvaises relations qu'il entretenait avec le président supérieur d'Alsace-Lorraine, d'une part, et de l'auditoire très limité de ses cours, d'autre part.

Source : CHATELET-LANGE, Liliane, « L'institut d'Histoire de l'Art de Strasbourg », dans Formes, Bulletin de l'Institut d'Histoire de l'Art de Strasbourg, n° 7, 1989, pp. 14-15.

collections/valorisation/auteurs/springer_anton.txt · Dernière modification: 2018/12/19 10:30 par Laurent Vila